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C'est ainsi qu'Alexandre Stamatiadis a vécu l'après-lockdown


18/09/2020
C'est ainsi qu'Alexandre Stamatiadis a vécu l'après-lockdown cover photo

Alexandre Stamatiadis
Geoganic, Hasselt / IFAPME Liège.

 

Comment as-tu réagi à l’annonce de la reprise des salons et écoles de coiffure ?

Quand le Conseil national de sécurité annonce la reprise des salons de coiffure et des écoles le 18 mai, je suis à la fois surexcité de reprendre mon poste et de pouvoir coiffer, et sceptique de pouvoir reprendre ma vie d’avant avec toutes les nouvelles mesures sanitaires.

Etais-tu impatient et/ou angoissé ?

Je suis angoissé à force de regarder les infos mais aussi impatient de recommencer à travailler ! Je réalise des tutos vidéo pour passer le temps et ne pas perdre la main ! Mes patrons, Loredana et Thomas, m’appellent pour organiser une réunion virtuelle. Ils m’expliquent que l’activité va reprendre mais pas à la normale… Je reçois également un e-mail de l’école pour dire que je peux retourner en cours mais avec de lourdes restrictions. Je suis un peu perdu, je sais que je dois porter mon masque et me désinfecter les mains, mais je ne sais pas comment les autres vont réagir.

Te sentais-tu suffisamment préparé par tes patrons pour la réouverture ?

Loredana et Thomas on tout préparé pour ma collègue et moi avant notre arrivée au salon pour que l’on soit le plus à l’aise et le plus serein possible. Tout avait été réfléchi niveau confort et sécurité. Lors de notre réunion virtuelle, ils nous disent qu’il va falloir mettre les bouchées doubles ! Nous sommes sur un bateau, eux naviguent mais ma collègue et moi devons les suivre et les aider à un rythme intensif pour qu’en équipe, ou plutôt en famille, nous puissions sortir de ce chaos !

Comment s’est passée la première journée de travail et le retour à l’école ?

Les deux premiers jours de la semaine de réouverture, je reprends les cours. à l’école tout le monde est perdu, on ne se sait pas ce que l’on peut ou ne pas faire. En classe, nous devons porter le masque. Suivre 4h de droit en pleine chaleur avec ce masque je ne pensais pas que ce serait si difficile ! Au salon, je commence donc deux jours après tout le monde. Ma collègue est déjà conditionnée aux nouvelles règles. L’énergie de travailler est là mais le fait de ne pas se prendre dans les bras après deux mois et demi de confinement, c’est un peu lourd à supporter pour le commencement de la journée.

Comment était le contact avec les clients ?

Les clients rentrent, et avant de leur dire bonjour, je dois leur rappeler de porter leurs masques et de se désinfecter les mains. Je dois leur dire de se débarrasser seuls et de s’installer directement à leur place. Ça me donne l’impression d’être directif. J’ai tellement peur d’oublier une étape ou de faire mal les choses.

Quelle a été la réaction des clients ?

Les clients comprennent, ils vivent la situation comme nous, on sent un peu d’appréhension mais après deux mois de confinement, ils avaient besoin que l’on s’occupe d’eux ! Par habitude, beaucoup demandent un café et c’est le cœur lourd que je dois refuser.  Ils parlent beaucoup du Covid-19 et nous, coiffeurs, essayons de positiver pour leur faire passer un bon moment.

Quel était ton sentiment à la fin de la journée ?

Beaucoup d’informations à emmagasiner, beaucoup de concentration pour veiller à tout désinfecter et gérer au mieux les clients, sans oublier les fortes chaleurs et le port du masque 8h non-stop ! En fin de journée, j’étais très fatigué avec un gros mal de tête !

Comment as-tu vécu/expérimenté le respect des mesures de sécurité ?

Il me faut le temps de quelques heures pour prendre mes repères dans le salon mais je ne rate pas une brosse, un siège, ni une cape à désinfecter ! Et je garde mon masque même avec la chaleur !

Comment avez-vous géré la lourde charge de travail des premiers jours au salon ?

Il y avait du travail car, il est vrai que, nos pauvres clients avaient de belles repousses mais je ne peux pas dire que c’était ingérable. La règle était d’un client par coiffeur ; nous étions 4.  Donc avec 4 clients à la fois, nous avions largement le temps de nous occuper correctement d’eux ! Ils ont bénéficié d’un service exclusif au final !

Comment as-tu géré la fatigue ?

Dès que je finis ma journée, je rentre chez moi et je dors car je sais que de longues journées m’attendent. De plus, Thomas et Loredana sont toujours positifs et me donnent l’énergie d’être à fond dans mon travail et de me sentir plein d’énergie !

Comment as-tu vécu ta session d’examen ?

Je me sentais prêt ! Le côté positif c’est que tout s’est fait sur têtes postiches. Pas besoin de trouver de modèles et l’avantage de travailler sur tête postiche c’est que je connais déjà le cheveu et comment je dois le travailler !
Je peux dire que les professeurs de coiffure étaient vraiment là pour nous, alors qu’ils devaient aussi gérer la fermeture/réouverture de leurs salons ! Pendant le confinement, mes professeurs m’ont beaucoup aidé à préparer mes examens pratiques de fin d’année. Certains ont même fait des tutoriels vidéo avec des explications supplémentaires. Pour les cours théoriques, cela a été un peu plus compliqué car il a fallu assimiler la matière sans explication.

Qu’as-tu appris de cette expérience ?

Je vis ma vie à du 100 à l’heure entre les concours, les entraînements, le travail et école ! Je me dis souvent que c’était peut-être le destin de prendre du temps pour soi et de se ressourcer. Il est clair que ce n’était pas chouette de rester tout le temps à la maison, de ne plus voir les amis mais j’ai pu profiter de ma famille que je ne voyais plus à cause de mon emploi du temps. J’ai compris que la vie est courte et qu’il faut profiter de ce qu’on a déjà ! Je retiens aussi du déconfinement que l’on doit toujours faire attention et se protéger mais surtout en se protégeant, on préserve les autres !

As-tu réussi à retrouver un équilibre entre ta vie professionnelle, l’école et ta vie privée ?
Je me suis habitué à ce train de vie qui, au final, n’est plus si terrible ! Tout le monde est dans le même panier. Le masque, les restrictions, ce n’est pas chouette mais c’est comme ça ! Ma vie reprend peu à peu son cours ‘normal’, je vois mon cercle d’amis, je vais au travail et je profite de la vie chaque jour !

Quelle a été l’évolution de ton moral, ta motivation au fil des semaines ?

Mon moral et ma motivation n’ont fait qu’augmenter. J’ai appris pendant le confinement que j’allais à nouveau représenter mon métier et mon pays aux prochains Euroskills à Graz en 2021 ! Depuis, je m’entraîne deux fois par semaine pour atteindre mon objectif :  une médaille ! Je reste donc positif et rien ne peux saper mon moral, ni mon énergie !

 

 

 

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